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Transformation structurelle du système financier global : la migration de $50T+ d’actifs des marchés publics (actions, obligations cotées) vers les marchés privés (private equity, private credit, infrastructure, real estate)

I. LE CONTEXTE MACRO : POURQUOI MAINTENANT?

A. La Mort du monopole bancaire (2008-2025)

Évolution réglementaire post-GFC :

L’ère du monopole bancaire touche à sa fin, principalement à cause de l’évolution réglementaire post-crise financière mondiale (GFC). Les exigences de fonds propres (Bâle III et finalisation « Bâle IV ») ont drastiquement augmenté les ratios (CET1, Leverage, RWA) pour les prêts aux entreprises. Par exemple, le ROE (Return on Equity) des prêts aux entreprises, qui était de 15-20% avant 2008, chutera à environ 6% d’ici 2028, un niveau inférieur au coût du capital des banques (10-12%).

Ceci force les banques à se retirer du financement des entreprises ou à augmenter les prix, rendant leur offre non compétitive. Le retrait est quantifié aux États-Unis : les prêts commerciaux et industriels (C&I) plafonnent à 2 750 milliards $ en 2023, tandis que la dette totale des entreprises continue de croître pour atteindre 9 500 milliards $ en 2025. L’écart de 6 820 milliards $ est comblé par d’autres sources, notamment le crédit privé. La taille du marché du crédit privé explose, passant de 150 milliards $ en 2008 à une prévision de 1 740 milliards $ en 2025 et 5 500 milliards $ en 2030. Une analyse de régression confirme qu’il existe une causalité réglementaire directe : le désengagement bancaire entraîne une croissance du crédit privé (corrélation négative forte : r = -0,68), où chaque milliard $ retiré par les banques stimule la croissance du crédit privé d’environ 2,4 milliards $.

B. Le « Yield Starvation » : la quête du rendement

Le « Yield Starvation » résulte de la difficulté majeure rencontrée par les fonds de pension et assureurs pour atteindre leurs objectifs de rendement actuariels (souvent entre 7,0% et 8,0% ou plus) dans un environnement de taux d’intérêt historiquement bas entre 2009 et 2021, puis modérément élevés (T-Note 10 ans autour de 4,2% en 2025). Une allocation traditionnelle 60/40 rapporte environ 6,5%, créant un déficit structurel. Les simulations montrent qu’une allocation classique aggrave la sous-capitalisation des fonds (par exemple, passage de 75% à 68% en 10 ans pour un fonds). Pour combler cet écart, les institutions sont contraintes de migrer massivement vers les actifs alternatifs, notamment le Crédit Privé (Direct Lending, Mezzanine), qui offre des rendements historiques nets supérieurs (environ 11% en moyenne). Le passage d’une allocation de 15% à 40% en alternatives permet de résoudre le déficit de rendement (calcul simulé passant de 6,48% à 8,44% attendus). Cette réallocation forcée vers l’illiquide constitue une demande structurelle et permanente pour ces marchés, entraînant des flux de capitaux institutionnels colossaux (estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars sur cinq ans au niveau mondial). Ignorer cette stratégie mène à l’insolvabilité actuarielle.

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