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L’Europe subit un changement structurel où la fragmentation des systèmes de paiement (mBridge, CIPS) et l’affaiblissement de l’Euro comme monnaie de réserve neutre pèsent sur ses coûts énergétiques. Avec la transition mondiale vers des transactions énergétiques multipolaires (Petroyuan, roupie, dirham), l’Euro souffre d’une perte de seigneuriage. Par conséquent, l’Europe doit acquérir son énergie avec une monnaie dont la valeur de réserve diminue, entraînant une inflation importée chronique et menaçant d’une crise de la balance des paiements d’ici 2027.
1. Impact sur les prix de l’énergie : de l’efficacité globale à la fragmentation bilatérale
Jusqu’en 2024, le pétrole et le gaz bénéficiaient d’un prix mondial unique (Brent/USD). En 2026, la financiarisation a conduit à une fragmentation du marché en deux segments principaux. Le marché « vert » (USD/EUR) offre un accès à l’énergie occidentale, mais est grevé de primes de risque ESG et géopolitiques importantes. Simultanément, le marché « gris » (mBridge/Yuan) propose des ressources des BRICS+ (Russie, Iran, parties du Golfe) à des prix réduits. Mais leur acquisition par l’UE nécessite des conversions onéreuses ou des concessions politiques. Cette dualité introduit une « prime de friction transactionnelle« , estimée par les modèles Steelldy entre 12 % et 18 % sur les importations d’énergie de l’UE. Cette taxe résulte de l’élargissement des écarts de change et des coûts de conformité liés à l’utilisation des systèmes de paiement alternatifs.
2. La dépréciation de l’euro et la spirale inflationniste
L’Euro est soumis à une double pression. Le dénouement du carry trade japonais, qui entraîne une hausse des taux au Japon, et la perte de son statut de valeur refuge. Une corrélation historique entre la dépréciation de l’EUR/USD et la hausse des prix de l’énergie s’est intensifiée. Une baisse de 10 % de l’Euro entraînait auparavant une augmentation de 7 % des coûts énergétiques locaux ; cette sensibilité a atteint 12 % en 2026, aggravée par le manque de couvertures à long terme sur un marché fragmenté.
Ceci enclenche une spirale inflationniste. La faiblesse de l’Euro augmente le coût de l’énergie importée, ce qui détériore la balance commerciale européenne (créant un déficit). Ce déficit commercial exerce une pression vendeuse supplémentaire sur l’Euro, encourageant les gestionnaires de réserves à retirer leurs capitaux, accélérant ainsi la chute de la monnaie.
L’Europe fait face à une phase de « déficits jumeaux » (budgétaire et commercial) à un moment où les banques centrales étrangères (Chine, EAU, Inde) ne recyclent plus systématiquement leurs excédents commerciaux en dette européenne. Le modèle Steelldy anticipe un élargissement des écarts de rendement (spreads) pour les dettes souveraines périphériques (comme l’Italie et l’Espagne) de 150 points de base si la BCE échoue à stabiliser l’Euro. La capacité de financement du déficit repose désormais sur l’attraction des capitaux privés.
Cependant, une croissance faible et des coûts énergétiques élevés rendent le taux de rendement exigé (Hurdle Rate) insoutenable pour les finances publiques. L’analyse de la balance des paiements (BoP) prévoit un déficit structurel du compte courant à environ 3,5 % du PIB de la zone euro pour 2026-2027, accompagné de sorties nettes de capitaux d’environ 450 milliards d’euros par an, ces flux se dirigeant vers des juridictions alternatives comme celles impliquées dans le réseau « mBridge » (Asie/Moyen-Orient).
Economie
