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SCÉNARIO : PERSISTANCE DES TAUX ÉLEVÉS (« HIGHER FOR LONGER ») ET RÉCESSION MODÉRÉE (-15% EBITDA)
L’analyse comparative des métriques de risque entre le Private Credit (PC) du Mid-Market et le High Yield (HY) public (BB/B), en février 2026 sous un scénario de taux élevés persistants et de récession modérée (-15% EBITDA), révèle une divergence structurelle critique.
Le PC, avec des taux flottants (SOFR + 550-650 bps), est directement impacté par la hausse des coûts d’intérêt, contrairement au HY qui bénéficie de coupons fixes hérités des taux bas (moyenne 6.2%). Le PC présente un levier moyen nettement supérieur (5.8x dette/EBITDA contre 4.2x pour le HY) et une marge de sécurité plus faible, avec un ICR moyen de 1.4x (vs 2.8x pour le HY), exposant 22% des entreprises à un statut « Zombie » (ICR < 1.0x), contre 8% pour le HY, multipliant par 2.7 le risque de défaut. La sévérité des pertes (LGD estimée) est également accrue en PC (45-55% vs 35-40% en HY).
Le point de rupture technique pour le PC est atteint lorsque le SOFR dépasse 5.25% (pour un actif levé à 6.0x EBITDA, incluant 150 bps de Fee Drag lié aux Continuation Deals). Un choc de taux de +100 bps dégrade l’ICR du PC de 15% instantanément, contre seulement 2% pour le HY. Simultanément, un choc d’EBITDA de -15% ferait passer le pourcentage d’entreprises en difficulté en PC de 22% à 38%.
L’impact majeur réside dans les Continuation Deals. Ces mécanismes permettent aux GPs de masquer les défauts latents en « roulant » la dette, prolongeant artificiellement la vie des actifs insolvables (ICR < 0.9x) au lieu de procéder à des restructurations. Cependant, cette pratique érode la valeur de recouvrement : un actif ayant subi deux Continuation Deals voit sa LGD augmenter de 1200 points de base en raison de la réduction des actifs tangibles.
Conclusion. Le HY conserve une meilleure transparence et une structure qui amortit mieux le choc immédiat. Le PC du Mid-Market est en zone de turbulence structurelle. La crise ne se manifestera pas par des faillites massives immédiates (grâce au masquage des défauts), mais par une érosion lente et profonde de la Valeur Nette d’Inventaire (NAV) des fonds, piégeant potentiellement les investisseurs dans des véhicules « Zombies » pour une décennie sans rendement réel.
Dashboard comparatif des métriques clés (base 2026)
L’analyse de notre plateforme met en évidence une divergence critique dans la structure de capital. Alors que le High Yield (HY) bénéficie de coupons fixes hérités de l’ère des taux bas, le Private Credit (PC) subit la pleine force des taux flottants.
| Métrique de risque | Private Credit (Mid-Market) | Public High Yield (BB/B) | Écart de risque (Delta) |
| Structure de taux | Flottant (SOFR + 550-650 bps) | Fixe (coupon moyen 6.2%) | +450 bps de coût marginal |
| Levier moyen (Dette/EBITDA) | 5.8x | 4.2x | +1.6x de levier |
| ICR Moyen (actuel) | 1.4x | 2.8x | -50% de marge de sécurité |
| % de « Zombies » (ICR < 1.0x) | 22% | 8% | Risque de défaut x2.7 |
| LGD estimée (Loss Given Default) | 45-55% | 35-40% | Sévérité accrue |
Modélisation du point de rupture (Break-Even Analysis)
Le « point de rupture » est défini par nous (Steelldy) comme le niveau où l’EBITDA ne couvre plus les charges financières (ICR < 1.0x).
2.1. Équation de rupture du Private Credit
Le seuil de survie pour une entreprise type du Mid-Market se calcule comme suit :
En intégrant le Fee Drag de 150 bps lié aux Continuation Deals, le point de rupture est atteint dès que le SOFR dépasse 5.25% pour une entreprise levée à 6.0x EBITDA.
2.2. Analyse de sensibilité (Stress-Test)
- Choc de taux (+100 bps) : entraîne une dégradation immédiate de 15% de l’ICR en Private Credit, contre seulement 2% en High Yield (grâce aux échéances fixes).
- Choc d’EBITDA (-15%) : dans ce scénario, le nombre d’entreprises en Private Credit avec un ICR < 1.0x passe de 22% à 38%.

