L’accumulation de $1 trillion de dette additionnelle sur l’exercice fiscal en cours, portant l’encours total à $38.647 trillions, constitue un choc de solvabilité souveraine structurel dont la transmission aux prix de l’or obéit à des mécanismes quantifiables et prédictibles. Cet article démontre que le ratio dette/PIB américain a franchi un seuil de non-linéarité critique au-delà duquel la fonction de réponse de l’or aux chocs de dette devient convexité.
Notre modélisation Steelldy indique une élasticité-or à la dette souveraine de 0.34 à court terme et 0.67 à long terme, avec un half-life d’ajustement de 18 mois. La dynamique actuelle suggère une sous-évaluation structurelle de l’or de 12-15% par rapport à son équilibre de long terme déterminé par la dette.

I. Cadre théorique et fondements économiques
1.1 Théorie de la Fiscal Dominance et monétisation de la dette
La théorie de la dominance fiscale (Sargent & Wallace, 1981) postule que la violation de la contrainte budgétaire intertemporelle (ICBC) du gouvernement force la banque centrale à monétiser la dette, engendrant ainsi l’inflation. L’ICBC s’énonce
∑t=0∞(1+r)tGt−Tt≤B0+∑t=0∞(1+r)tSt
où Gt sont les dépenses, Tt les recettes fiscales, B0 la dette initiale, St les transferts de seigneuriage, et r le taux d’intérêt réel. La condition de viabilité exige que :
Au-delà du seuil Reinhart-Rogoff (dette/PIB de 90-100%), cette condition est souvent enfreinte, induisant une prime de risque souverain dont l’or est traditionnellement considéré comme la couverture.

1.2 Modèle de la valeur théorique de l’or sous incertitude fiscale
Ce modèle étend le paradoxe de Gibson en intégrant la dynamique de la dette pour déterminer la valeur théorique de l’or sous incertitude fiscale. L’équation estime le prix de l’or Ptgold en fonction de la dette publique Dt, du taux d’intérêt réel rreal, de la volatilité de la politique budgétaire σfiscal2, et du ratio dette/PIB Dt/Yt. Les hypothèses impliquent que l’augmentation de la dette et du risque fiscal soutient le prix de l’or, tandis que le coût d’opportunité lié aux taux d’intérêt réels le réduit.

Analyse de marché
