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Le dollar chute libreusement tandis que l’or et l’argent atteignent des records, signalant une perte de confiance mondiale dans les monnaies fiduciaires et les banques centrales. Ce n’est pas une « dédollarisation » au sens strict, mais une perte de confiance généralisée dans la dette souveraine des pays développés comme actif de réserve. Cette perte de confiance stimule la demande d’or, bien qu’aucune alternative fiduciaire sérieuse n’émerge.
Les gouvernements font face à trois limites dans l’émission de dette : économique (croissance stagnante), fiscale (hausse des coûts de service de la dette) et inflationniste (perte de pouvoir d’achat de la monnaie).
La tendance majeure dans les réserves mondiales est une rotation des obligations souveraines occidentales vers l’or, et non vers d’autres devises. Les sanctions contre la Russie ne sont pas la cause principale ; les banques centrales ont cessé de faire confiance à la dette des pays développés dès 2021, face à l’inflation et au manque de responsabilité fiscale. Les réserves d’euros et de yens ont chuté plus agressivement que le dollar. Les achats d’or par les banques centrales se sont accélérés, atteignant environ 80 tonnes par mois, alimentés également par la demande privée, tous deux motivés par les craintes concernant la soutenabilité de la dette et la dévaluation.
Ces achats sont largement opaques, suggérant un mouvement discret vers un actif réel. La cause fondamentale est la dégradation de la fiabilité fiscale et monétaire des économies développées.
Des politiques d’assouplissement et la répression financière ont maintenu l’illusion de la solvabilité, mais le gel des réserves russes a confirmé le risque géopolitique lié à la détention de dette des pays du G7. Les gestionnaires de réserves se tournent vers l’or, actif sans risque de contrepartie. Le dollar reste la monnaie fiduciaire la « moins mauvaise » en raison de sa liquidité, de ses institutions indépendantes et de sa protection juridique. Il perd du terrain face à l’or, mais pas face à l’euro, au yen ou au yuan. Les données montrent une stabilité du dollar dans les réserves (environ 59,6% selon le FMI) et une part inchangée ou en baisse pour les autres monnaies fiduciaires. Le dollar domine largement les transactions de change et les paiements SWIFT. Il n’y a pas de substitution fiduciaire au dollar ; c’est une « défiatisation périphérique », un mouvement vers des actifs réels en dehors du système fiduciaire. Les investisseurs craignent la solvabilité américaine, mais ne perçoivent aucune alternative crédible (Eurozone, Chine, BRICS). La solution résiderait dans une politique monétaire saine, un changement qu’aucun émetteur de monnaie fiduciaire ne semble vouloir adopter, car cela minerait leur illusion de promesses papier.
Analyse de marché
