Le Dr Mark Thornton, économiste et chercheur principal au Mises Institute, a déclaré lors d’une interview avec Jeremy Szafron que l’ordre financier mondial est en « réanimation » car la confiance entre les banques centrales s’effondre, un signe visible par la volatilité des marchés obligataires et l’extrême instabilité des prix de l’argent.
Il soutient que bien que la monnaie fiduciaire ne soit pas morte, elle est en soins intensifs. Cette situation coïncide avec une décision majeure de la Banque nationale de Pologne d’acheter 150 tonnes d’or supplémentaires, un investissement de près de 23 milliards de dollars visant à atteindre une réserve stratégique de 700 tonnes. Thornton interprète ce mouvement par la Pologne, alliée de l’OTAN, comme une diversification stratégique vers les actifs physiques en réaction à la militarisation du système financier, notant que les réserves d’or de la Russie ont significativement augmenté malgré le gel de ses avoirs en devises par les sanctions occidentales.
Parallèlement à l’intérêt croissant pour l’or, Thornton a mis en garde contre une crise d’approvisionnement en argent causée par un « paradoxe des sous-produits » : 70 à 75 % de l’offre mondiale provient de l’extraction de cuivre, plomb et zinc. En cas de ralentissement économique, la demande pour ces métaux diminue, réduisant l’incitation à produire et, par conséquent, l’offre d’argent secondaire. Ce déficit structurel, estimé à plus de 200 millions d’onces par an, est aggravé par la consommation définitive d’argent dans des applications industrielles comme les panneaux solaires, d’où le métal n’est souvent pas recyclé. Il prédit que cela poussera le prix de l’argent de 100 $ à 200 $ et plus.
Un autre signal d’alarme, selon Thornton, est la reprise accélérée de la construction de la tour de Djeddah en Arabie Saoudite, dont l’achèvement est prévu pour 2028. Basé sur ses travaux sur le « complexe du gratte-ciel », il affirme que la course pour construire des tours record coïncide historiquement avec les sommets des cycles économiques et le début des crises financières mondiales, signalant ici l’apogée de l’arrogance du système fiduciaire mondial. Pour le reste de 2026, Thornton conseille une stratégie d’investissement « actions contre fumier » (Stocks versus Poop), suggérant que les matières premières agricoles surpasseront les actifs financiers, citant l’ETF « Moo » (agro-industries et engrais) comme potentiellement plus performant que le S&P 500. Son conseil final aux investisseurs est de cesser de faire confiance aux responsables gouvernementaux concernant le rétablissement économique.
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