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La proposition présidentielle de plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10% représente un risque systémique majeur pour le secteur bancaire américain. Notre analyse quantitative prévoit une réduction de 18-22% du bénéfice net des grandes banques. Ce plafonnement entraînerait un rationnement du crédit, impactant 35-45% des emprunteurs subprime, avec des risques de contagion sur les marchés de la consommation et une contraction potentielle de 0.8-1.2% du PIB.

La probabilité de mise en œuvre est estimée à 15% en 2026. Le marché américain des cartes de crédit (Q4 2025) affiche un encours de 1.42 trillion de dollars, avec un taux moyen pondéré de 22.3% et une délinquance à 4.2%. La rentabilité (ROE) varie fortement selon le segment FICO, allant de 24-28% pour le segment Prime à 6-9% pour le Deep Subprime. Les grandes banques montrent des expositions significatives : Capital One (68.4% du revenu total issu des cartes) et Discover (82.1%) seraient les plus touchées par la baisse forcée des taux. Le modèle de stress test révèle des impacts sévères sur le ROE: par exemple, le ROE de Capital One chuterait de 14.2% à 1.8%, et celui de Discover de 16.1% à 0.3%. Le coût des fonds est estimé à 4.8%, les pertes attendues à 5.2%, et les frais d’exploitation à 2.1%. Concernant le capital réglementaire (CET1), trois banques (BofA, Citi, Capital One) pourraient passer sous le seuil réglementaire de 12% après l’application des pertes ajustées, signalant une dégradation significative de leur solidité capitalistique sous ce scénario de plafonnement.

L’analyse du risque de rationnement du crédit post-plafonnement utilise un modèle économétrique où la quantité de crédit offerte (Q_s) dépend du taux d’intérêt (r), du taux minimum viable (r_min), de la probabilité de défaut (PD), de la perte en cas de défaut (LGD) et du capital. Les résultats indiquent une réduction de l’offre de crédit de 28 à 32 % de l’encours total, touchant particulièrement le segment Subprime avec une baisse de 65 à 75 %.
Environ 45 à 50 millions d’Américains verraient leurs limites de crédit réduites ou supprimées. L’analyse de survie des portefeuilles montre que seuls les emprunteurs ayant un score FICO supérieur à 740 resteraient rentables avec le taux plafonné, car les autres catégories (FICO 680-739, 620-679, <620) présenteraient des marges de sécurité négatives (jusqu’à -7.2%).
Sur le plan macroéconomique, un modèle VAR suggère qu’un choc de crédit de -$320 à -$380 milliards sur 12 mois entraînerait une contraction du PIB de -0.8% à -1.2% sur quatre trimestres, principalement par un impact négatif sur la consommation (-1.5 à -2.0 points de pourcentage), avec un effet multiplicateur de 1.8x.
Les secteurs les plus touchés en termes de revenus seraient les services financiers (-15 à -25%), suivis par les voyages/loisirs (-10 à -15%) et la vente au détail (-8 à -12%). Concernant les scénarios politiques pour 2026, la proposition Trump a une probabilité de 100%, mais son adoption est incertaine : 45% de refus rapide par le Congrès, 25% passent par une commission mixte, et 30% dépendent d’une forte pression publique. Les parties prenantes présentent des positions divergentes : la Maison Blanche est favorable, tandis que les Républicains, le lobby bancaire et les régulateurs (Fed) y sont opposés, ces derniers exerçant une influence « Très haute » pour la stabilité financière.
Les implications pour les marchés financiers sont significatives. La valorisation des banques subirait une forte dépréciation des multiples P/E forward, notamment pour les banques spécialisées : Capital One (-53.9%) et Discover (-63.5%). Les coûts des Credit Default Swaps (CDS) à 5 ans augmenteraient notablement, par exemple, +115 points de base pour Discover, reflétant une hausse perçue du risque de défaut. Des effets de contagion sont attendus : l’indice bancaire (BKX) pourrait chuter de -15% à -25%, le VIX augmenterait de 5-7 points, et l’on observerait un mouvement vers la qualité (« flight to quality« ) sur les obligations d’État américaines (UST 10Y à la baisse), contrastant avec un élargissement des spreads sur les obligations d’entreprise de grade investissement (+40-60 bps) et haut rendement (+80-120 bps).
Notre modèle STEELLDY CREDIT CARD STRESS FRAMEWORK intègre :
1,000 simulations Monte Carlo
Données de défaut granulaires
Scénarios macroéconomiques alternatifs
Comportement stratégique des banques
Variables clés :
Taux de défaut par cohorte
Élasticité de la demande
Coût du capital réglementaire
Dynamique de concurrence
Analyse de marché
