Analyse de marché

Arbitrage énergétique France vs Allemagne. L’avantage nucléaire (EDF) comme rempart du CAC 40 et vecteur de capture de parts de marché

Alors que l’Allemagne voit son industrie impactée par un coût énergétique multiplié par 2,5, la France apparaît dans nos modèles (Steelldy) comme un « refuge de base-load« . L’avantage nucléaire d’EDF sert de bouclier contre l’inflation importée et permet une stratégie d’arbitrage compétitif. Néanmoins, le succès du CAC 40 face au DAX dépend de deux éléments clés : la décorrélation réelle des prix de l’électricité sur le marché européen (EUPHEMIA) et la capacité de l’infrastructure productive française à augmenter sa charge.

i. Analyse du différentiel de compétitivité (LCOE & marges)

Le différentiel de compétitivité (LCOE & marges) entre la France et l’Allemagne est notable. En Allemagne, le prix marginal électrique repose sur le gaz, tandis qu’en France, le futur contrat post-ARENH (2025/2026) fixe un prix stable pour l’industrie autour de 70-80 €/MWh. Ce « spread » énergétique représente un avantage réel d’environ 150 €/MWh pour la France. Pour les entreprises électro-intensives, cela se traduit par une amélioration de 300 à 500 points de base sur leur EBITDA comparé à leurs homologues allemands.

ii. Capture de parts de marché. Analyse sectorielle CAC 40

Notre moteur de modélisation Steelldy identifie trois secteurs où les entreprises françaises du CAC 40 peuvent gagner des parts de marché face à la défaillance allemande : les gaz industriels et chimie de spécialité, les matériaux de construction et verre, et l’automobile/électrification. Dans le secteur des gaz industriels, Air Liquide est avantagé par ses contrats nucléaires stables. Si BASF réduit sa production d’ammoniac et d’hydrogène, Air Liquide peut capter la demande européenne avec des coûts marginaux inférieurs de 25 %. Concernant les matériaux de construction et le verre, Saint-Gobain bénéficie de la crise énergétique touchant ses concurrents allemands, fortement dépendants des énergies fossiles. Les usines françaises électrifiées de Saint-Gobain sont mieux positionnées pour répondre à la demande de rénovation thermique en Europe. Enfin, pour l’automobile et l’électrification, la France devient un pôle de production de véhicules électriques (EV) à faible coût grâce à l’avantage énergétique de ses Gigafactories. Le coût de production d’une batterie en France est estimé 40 % inférieur à celui des régions allemandes comme la Saxe ou la Bavière.

iii. Les limites du rempart. Le risque de contagion européen

L’avantage nucléaire français est limité par deux facteurs principaux dans l’UE. Premièrement, le couplage des marchés électriques signifie que le prix de l’électricité française reste corrélé au prix du gaz allemand via le Merit Order, diluant l’avantage d’EDF sans déconnexion réglementaire ou CFD massifs. Deuxièmement, l’interdépendance des chaînes de valeur (CAC 40 dépendant du Mittelstand allemand) expose la France à un risque de contagion de rupture d’approvisionnement si l’économie allemande subit un effondrement brutal.

v. modélisation des flux de capitaux (capex redirection)

Nos algorithmes détectent un « basculement de l’attractivité » (FDI Flow), avec une projection 2026 de 12 Md€ d’investissements industriels (batteries, semi-conducteurs, pharmacie) se réorientent d’Allemagne vers la France. Notre score de résilience est que la France est de (74/100) vs Allemagne (42/100).

L’avantage nucléaire français sert de « Hedge Naturel » au CAC 40, bien qu’il soit insuffisant face à une récession européenne systémique. Il faut surveiller étroitement les tensions franco-allemandes à Bruxelles concernant la réforme du marché de l’électricité : un succès français dans la décorrélation des prix du gaz constituerait un signal d’achat majeur pour les entreprises françaises. En conclusion, le nucléaire agit comme un « bouclier de survie » pour le CAC 40, permettant à la France de résister mieux que l’Allemagne. Cependant, l’exploitation de cet avantage concurrentiel dépendra de la capacité politique à défendre cette rente face aux mécanismes de prix européens.

Méthodologie

Analyse du différentiel LCOE (Levelized Cost of Energy), modélisation de la substitution industrielle, stress-test de corrélation énergétique inter-pays

Oleg Turceac

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