L’année 2025 marque une accélération de la convergence des mégaforces, générant des opportunités et des risques non-linéaires. L’Intelligence Artificielle (IA) devient contrainte par son infrastructure matérielle et énergétique. Cela dicte trois axes d’investissement cruciaux : (i) l’extension de la chaîne de valeur de l’IA en amont vers les besoins en commodités numériques (tokens de calcul) et physiques (énergie, semi-conducteurs), mesurée par l’intensité tokenique ; (ii) la réorientation des capitaux vers la sécurité nationale (défense, cyber, espace) et la résilience des chaînes d’approvisionnement, soutenue par l’investissement public et privé ; et (iii) enfin, la bifurcation des actifs numériques, avec l’institutionnalisation du Bitcoin comme réserve de valeur et l’ascension d’Ethereum comme infrastructure clé pour la tokenisation des actifs réels (RWA), ouvrant de nouveaux canaux monétaires. Cette étude analyse ces thèmes et propose des métriques pour éclairer l’allocation tactique et stratégique des actifs.
L’économie de l’Intelligence Artificielle (IA) entre dans une ère de contraintes physiques, où la croissance future est limitée par la disponibilité du calcul (compute), de l’énergie et des capacités de refroidissement, favorisant les acteurs en amont de la chaîne de valeur. La métrique clé est l’intensité tokenique, le nombre de tokens nécessaires pour une tâche, qui multiplie la demande en puissance de calcul. Le passage des chatbots aux workloads agentiques ou scientifiques (10³x à 10⁶x l’intensité) exige une puissance de calcul exponentielle. Par conséquent, les investissements doivent cibler les fournisseurs de capacité de calcul (puces, hyperscalers) et les solutions d’optimisation (compression de modèles). La valorisation des logiciels d’IA purs est menacée si elle ignore l’intensité capitalistique future requise pour l’accès au calcul. Contrairement à une bulle généralisée, la hausse des valorisations de l’IA est principalement soutenue (plus de 70% en 2025) par la croissance des bénéfices (earnings growth), et non par une expansion exubérante des multiples. Les dépenses d’infrastructure liées à l’IA représentent environ 1% du PIB américain, un niveau comparable aux déploiements historiques majeurs (comme l’Internet dans les années 90), le risque principal étant un sur-investissement sectoriel plutôt qu’une bulle globale. Un point critique est la contrainte énergétique : la concentration des centres de données dans des régions électriques déjà sous tension crée un déséquilibre, notamment car la construction de nouvelles lignes de transmission prend beaucoup plus de temps (8-10 ans) que celle des data centers (1,5 an). Ceci représente une opportunité significative pour les régions disposant d’énergie excédentaire et bon marché (Midwest, Texas) et stimule les investissements dans la modernisation des réseaux électriques.
L’infrastructure est désormais un moteur de croissance structurelle, tirée par l’IA, la relocalisation industrielle et la transition énergétique, et non plus un simple sujet défensif. Concernant le gaz naturel américain, son prix inférieur d’environ 70% à la moyenne européenne consolide les États-Unis comme exportateur majeur de GNL. Les investissements dans les pipelines connaissent un essor sans précédent depuis deux décennies, favorisant les entreprises intégrées (production/transport) et les équipementiers. Le gaz conservera un rôle de back-up fiable, essentiel pour supporter l’intermittence des renouvelables et alimenter les centres de données pour les décennies à venir. L’infrastructure électrique représente un goulot d’étranglement critique. Les projections de croissance de la production électrique entre 2025 et 2027 sont emmenées par le solaire (+12%) et l’éolien (+9%), mais aussi par une hausse significative du gaz naturel (+3%). L’opportunité d’investissement réside dans une exposition complète à la chaîne de valeur : génération (ENR et gaz), transmission/distribution (réseaux intelligents, lignes haute tension) et solutions de stockage à grande échelle (batteries).
Face aux tensions géopolitiques accrues et à la numérisation des conflits, les dépenses de défense, historiquement négligées par les investisseurs ESG, connaissent une réévaluation majeure. Les budgets militaires se réorientent significativement vers les technologies duales, comme en témoigne la demande du DoD pour 2026, affichant un triplement des crédits pour les systèmes spatiaux et un doublement pour l’informatique et le renseignement. Les systèmes C4I et la cyber-défense deviennent prioritaires, estompant la distinction entre les secteurs de la défense et de la haute technologie. Le marché sous-estime cependant l’ampleur réelle de ces investissements : bien que l’IA domine l’attention médiatique, les dépenses militaires mondiales représentent quatre fois le poids des dépenses en construction liées à l’IA par rapport au PIB, suggérant un déséquilibre d’attention offrant des opportunités d’investissement dans la défense.
Les actifs numériques opèrent une bifurcation fonctionnelle : le Bitcoin s’affirme comme actif de réserve de valeur institutionnalisé, validé par les ETF spot (IBIT), conservant une faible corrélation aux risques macroéconomiques. Parallèlement, Ethereum se positionne comme infrastructure majeure pour la tokenisation des actifs réels (RWA). L’adoption utilitaire est attestée par le volume croissant des stablecoins par rapport au trading spéculatif. La tokenisation des actifs traditionnels (obligations, crédits) sur la blockchain offre des avantages significatifs : règlement quasi-instantané (T+0), fractionnalisation facilitée pour un accès élargi, et transparence accrue des registres. La valeur d’Ethereum provient désormais de sa fonction de couche de consensus et de règlement sécurisé pour ces nouveaux marchés, générant des revenus récurrents (frais, staking), tel un « péage » financier.
Les thèmes 2026 forment un système interconnecté : IA, énergie, infrastructures sécurisées et finance tokenisée. L’investisseur doit adopter une vision systémique. Les risques majeurs incluent la régulation antitrust et des actifs numériques incertains, des retards dans le déploiement des infrastructures énergétiques impactant l’IA, des tensions géopolitiques perturbant les chaînes d’approvisionnement, et un risque technologique de rupture (quantique/neuromorphique) rendant les GPU obsolètes. La recommandation est une stratégie « barbell » : un cœur exposé aux mégaforces via des véhicules larges, complété par des tactiques granulaires sur les points de tension (calcul, tokenisation, défense). Le succès repose sur la surveillance continue de métriques avancées (intensité tokenique, capex infrastructurel).
(i) équipementiers d’infrastructure data center en phase de contrainte énergétique;
(ii) accès au capital-privé pour capturer la valeur en amont de l’IPO;
(iii) ETF thématiques ciblés (ex: ITA pour la défense US, POWR pour l’infrastructure électrique, instruments tokenisés);
(iv) infrastructure, tech, pénurie de calcul, tokenisation, sous-thèmes de la défense;
(v) intensité tokenique, capex infrastructurel, volume stablecoin.
La hausse significative de l'or en 2025-2026 (+65% en USD) signale une réévaluation du risque…
L'analyse de la période d'investissement 2025-2040, utilisant les projections de McKinsey et nos modèles Steelldy…
L'analyse des données de l'AIE (2025-2027) indique que l'Europe traverse une refonte structurelle de son…
Jusqu'en janvier 2026, les données de la Réserve Fédérale montrent une accélération alarmante du fossé…
La Stratégie de Défense Nationale (NDS) du 23 janvier 2026 introduit une rupture dans la…
1. RÉSUMÉ DIRIGEANT : LE VIRAGE ENERGETIQUE DE CARSOL'engagement colossal de Carlos Slim dans le…