❶ Techniquement possible, mais les obstacles réglementaires, opérationnels et politiques sont majeurs.
En 2025, une douzaine de pays (El Salvador, Bhoutan, USA…) détiennent du Bitcoin, tandis que la plupart des banques centrales (UE, Japon, Inde, Chine) l’excluent.
Ꚛ Cas pratiques :
– El Salvador possède 6 102 BTC (~500 M$) dans son fonds stratégique, mais l’usage ne dépasse que 1,9 % des remittances et le FMI a imposé des restrictions, montrant un échec partiel.
– Bhoutan mine du BTC avec son énergie hydroélectrique, créant 8 500 BTC sans passer par les marchés. Ce modèle repose sur un surplus énergétique et un cadre légal permissif, difficilement réplicable.
– USA : 59 % des portefeuilles institutionnels prévoient ≥10 % de BTC d’ici 2025 et un projet de « Strategic Bitcoin Reserve » est débattu au Congrès, sans adoption officielle.
❷ Obstacles pour la France :
1. Réglementaire : la directive MiCA ne classe pas les cryptos comme actifs de réserve éligibles. Les HQLA (cash, Treasury, or) excluent le BTC, ce qui violerait les statuts de la BCE.
2. Technique : volatilité (ex. –77 % en 2022) rend le risque inacceptable; custodie difficile (cold storage, tiers, multi‑sig) sans précédent; liquidité limitée (30‑50 Mds $/jour contre 600 Mds $/jour pour les Treasury), causant slippage* en crise.
3. Politique : opposition de la BCE et risques de sanctions du FMI, comme pour l’El Salvador.
❸ Scénario hypothétique français : 1 % des réserves (≈2 Mds €) ≈ 24 700 BTC.
ꚛ Avantages théoriques : diversification, protection contre l’inflation, signal d’innovation.
ꚛ Risques : volatilité, opposition politique, non‑conformité BCE.
❹ Alternatives crédibles :
– Fonds souverain indépendant (500 M€‑1 Md€, 5‑10 % en crypto), hors réserves officielles.
– Or tokenisé (PAXG, XAUT) : combine liquidité blockchain et stabilité de l’or.
– Euro numérique (CBDC) de la BCE, qui offrirait une infrastructure permissionnée.
❺ Verdict final : juridiquement NON pour la France (UE/BCE), techniquement OUI mais risqué, politiquement NON.
■ Probabilité d’adoption officielle <10 % sur 10 ans, tandis qu’une allocation indirecte via fonds souverain reste la voie la plus réaliste.
Les expériences d’El Salvador et du Bhoutan restent exceptionnelles et non transposables aux grandes économies du G7.
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