Dédollarisation, la grande réallocation monétaire

1. La thèse principale soutient que la dédollarisation est une transition structurelle de 10 à 20 ans, entraînant une réallocation massive des capitaux des actifs libellés en USD (Trésors, crédit) vers des actifs réels sans contrepartie (or, Bitcoin) et des infrastructures monétaires alternatives (mBridge, CBDC, stablecoins).

2. Pour 2025-2030, une allocation défensive prudente est suggérée : 42% Or, 30% Bitcoin, 15% Mining Stocks, et 13% Cash, soit 85% hors dollar.

3. La part du dollar dans les réserves mondiales a diminué de 7 points de pourcentage entre 2017 (64,69%) et le T1 2025 (57,74%). Cette érosion n’a pas bénéficié aux monnaies traditionnelles (EUR, JPY, GBP), mais plutôt à des devises non traditionnelles comme le CAD et l’AUD, ainsi qu’aux « Autres » (1,34 point de pourcentage gagné).

4. L’or est le principal bénéficiaire en valeur, sa part dans les réserves officielles dépassant 23% en 2025, bien que cela soit principalement dû à une augmentation de 233% de son prix (de 1200 à 4000 $/oz). Les achats physiques réels n’ont augmenté que de 9% en tonnes (de 33 000 t à 36 000 t). Les adversaires géopolitiques des États-Unis (Chine, Russie, Turquie) sont les principaux acheteurs nets d’or. La Chine, en particulier, achète de l’or depuis onze mois consécutifs fin 2024/début 2025 pour diversifier ses réserves et potentiellement soutenir le yuan.

5. La détention étrangère des bons du Trésor américains a chuté à 30% début 2025, son niveau le plus bas depuis 2001.

La Chine a réduit ses avoirs de plus de 45% depuis son pic de 2013.

La Russie a liquidé 84% de ses bons depuis 2017.

6. L’analyse historique identifie cinq phases de dédollarisation : Bretton Woods (hégémonie pure), pétrodollar (domination indirecte), érosion graduelle (montée de l’euro), accélération géopolitique (weaponization des sanctions depuis 2016), et fragmentation monétaire (à partir de 2023).

7. Les moteurs structurels de ce déclin incluent la dette publique américaine insoutenable (138% du PIB en 2025) forçant une monétisation, l’utilisation du dollar et de SWIFT comme armes géopolitiques (menant à l’adoption de systèmes alternatifs comme SPFS ou SEPAM), un pivot de la Fed validant la dévaluation du dollar, et l’émergence de plateformes alternatives viables comme mBridge (réduction des coûts et rapidité).

8. Le paradoxe des stablecoins est qu’ils renforcent la dollarisation à court terme, tout en créant l’infrastructure pour de futures CBDC non-USD.

Oleg Turceac

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