Analyse de marché

Crise de la dette mondiale. Pourquoi l’or et l’argent flambent et mettent le système en danger

L’envolée spectaculaire de l’or et de l’argent, atteignant respectivement plus de 5 000 dollars et 101 dollars, signale de graves problèmes mondiaux. La hausse de l’argent est alimentée par une forte demande industrielle (électronique, solaire) rejointe par les investisseurs. Cependant, l’ascension de l’or pointe vers une crise mondiale croissante de la dette. Ce qui distingue la situation actuelle d’une tendance décennale est la proximité d’un point critique.

L’exemple le plus frappant est le Japon, dont le ratio dette/PIB avoisine 260 %. Pendant des années, la Banque du Japon a maintenu des rendements obligataires bas grâce au contrôle de la courbe et à des achats massifs d’obligations. Récemment, les rendements des obligations japonaises à 30 ans ont bondi de 0,7 % à 3,6 % depuis 2022. Avec un tel endettement, la hausse des coûts de service de la dette devient exponentielle. La Banque du Japon semble perdre le contrôle du marché obligataire national. Il existe une corrélation notable entre le rendement des obligations japonaises et le prix de l’or. Ceci s’explique par le statut du yen japonais en tant que troisième monnaie de réserve mondiale, favorisant le carry trade (emprunter en yens bon marché pour investir ailleurs). Le Japon servait d’argument aux keynésiens pour justifier la hausse de la dette américaine (128 % du PIB), en affirmant qu’un endettement élevé n’était pas fatal. La perte de contrôle par le Japon invalide cet exemple. Ceci s’inscrit dans l’échec global du système fiduciaire. Historiquement, les tentatives d’utiliser des monnaies non adossées à des métaux précieux aboutissent à leur dévaluation. L’unicité de l’ère actuelle est que le monde entier fonctionne sous un étalon fiduciaire. Nous anticipons un retour à une forme d’étalon monétaire contraignant les dépenses gouvernementales, car l’impression illimitée de monnaie mène toujours au chaos. La crise atteint son point d’accélération. Pour les investisseurs, la stratégie reste de conserver les métaux précieux sur 3 à 5 ans. Les sociétés minières, en particulier celles d’argent, deviennent très attractives. Les résultats du quatrième trimestre 2025 des sociétés d’argent devraient être excellents, avec une augmentation de 50 % du prix moyen de l’argent entre le T3 (environ 60 $) et potentiellement une stabilité autour de 100 $ au T1, annonçant une croissance explosive des bénéfices.

Oleg Turceac

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